La gorge endormie

C’était la première fois qu’il allait emprunter la gorge abandonnée dont personne ne foulait plus le seuil. Il s’était réveillé anormalement tôt ce matin là, et n’avait pu se rendormir malgré l’obscurité persistante. Plutôt que de rejoindre à cette heure la ferme où Don Ruben ne l’attendrait pas encore, il avait décidé de faire un détour par le défilé. Sur des lieues tortueuses sillonnait l’unique et profond chemin qui y guidait ses pas. Perdu dans ses pensées, à la recherche des rêves étranges de son étrange nuit, ce n’est qu’après plusieurs minutes qu’il fini par remarquer les étranges petroglyphes jonchant les parois opaques qui l’encerclaient.
A chaque pas s’affirmait un peu plus l’iredescente lueur qu’ils dégageaient, palpitante comme un coeur tout juste réveillé.
Puis tout lui apparaît évident, c’est ici qu’il devait venir. C’est d’ici qu’il est. C’est lui que la gorge attendait, dormant juste à côté du village où toujours il a vécu. Les pierres entre elles se resserrent et de sa bouche plane, profonde, une voix qu’il aimerait reconnaître. Une voix qui vient du plus profond de son âme et qui chante aux pierres et aux falaises le rituel secret qui vient les libérer.

Isla Tortuga

Lors de mon voyage au Chili, j’ai passé une semaine entière sur une île en forme de croissant de lune. C’était un lieu isolé du monde. Rempli de traditions et d’histoire, embrassé par la nature et le soleil. J’ai aimé imaginer qu’il s’agissait d’un immense animal marin qui faisait sa vie. Cette parenthèse de vie hors du monde, hors de ces temps modernes nourrit l’âme et l’imaginaire.
J’espère qu’il existe encore des miriades de petits bouts de monde tranquilles et magiques, cachés partout sur notre terre.